Journée partenaires avec CVE
Jeudi 17 septembre, neuf heures et demie, terrasse du Présage. Café, viennoiseries, une trentaine de personnes qui ne se connaissaient pas toutes. Dans une demi-heure, elles allaient suivre le bilan annuel d’un producteur d’énergie. À quatorze heures, elles cuisineraient avec des paraboles solaires. Entre les deux, il y avait un déjeuner, et une idée qu’on a mis du temps à formuler.

- Clients
- CVE
- Date
- 17/09
- Lieu
- Marseille
- Participants
- 30
Le contexte
CVE est un producteur indépendant d’énergies renouvelables basé à Marseille. Solaire, biométhane. Plus de six cents centrales, un peu plus d’un gigawatt en exploitation et en construction, cinq cent treize personnes, entreprise à mission depuis 2022. Une fois par an, le groupe réunit son top management et les conseillers en gestion de patrimoine qui orientent vers lui l’épargne de leurs clients, pour leur présenter les résultats de l’année, l’évolution de sa gouvernance et de son actionnariat, les perspectives de marché et les nouveaux produits d’investissement.
- 600 +centrales en exploitation
- 1 GWen exploitation et construction
- 2022entreprise à mission
Le défi : ne pas refaire une réunion
Dit comme ça, tu vois déjà la salle. Un groupe de personnes autour d’une table, un vidéoprojecteur, une pieuvre au milieu pour ceux qui suivent à distance, des slides, une table dans le restaurant du quartier qui convient le mieux. C’est le commun du business, et il n’y a rien de scandaleux là-dedans : ça fonctionne, tout le monde sait le faire. Mais ce ne sont pas des moments qui marquent.
Damien Eymard nous a contactés cet été pour ce rendez-vous-là. Une trentaine de personnes sur place, une cinquantaine derrière un écran, et l’intention qu’il nous a donnée : un moment pour que les équipes et les clients regardent l’année en face, découvrent un projet qui les inspire, et partagent quelque chose ensemble.
Ce qu’on a proposé n’était pas de remplacer la réunion.
C’est le point que je retiens de cette journée, parce que c’est celui sur lequel je me suis le plus souvent trompé en négociation. Quand une entreprise tient un rendez-vous annuel qui compte, lui demander d’y renoncer pour vivre quelque chose de plus inspirant, c’est perdre à tous les coups, et c’est mérité. Le bilan a donc eu lieu, entier, de dix heures à midi, dans une salle du Présage, grand écran, retransmission vidéo et audio pour ceux qui suivaient à distance, replay pour les absents.
On a changé ce qu’il y avait autour.
À midi et demi, apéro sur la terrasse, et rencontre avec Pierre-André, qui a fondé le lieu. Pas une conférence, une conversation, en marchant entre les installations. Il a raconté le restaurant, le modèle économique, les contraintes d’application autour du biométhane, l’aspect R&D des fourneaux, le défi de faire tourner des cuisines au solaire toute l’année. Les questions sont venues toutes seules, et c’étaient exactement celles que posent des financiers : le rendement, la disponibilité, le coût, la reproductibilité.
C’est là que la journée a basculé.
Derrière le restaurant, il y a une porte et deux paraboles. Au foyer, la température monte à quatre cent cinquante degrés, de quoi saisir une pièce de viande plus vite qu’une plancha, et la cuisine tient son service sans rien demander au réseau. Quand tu approches la main, tu comprends en une seconde ce que des années de courbes ne t’avaient pas appris : le soleil est une matière, il est là, il est brutal, et la seule question sérieuse est de savoir ce que tu en fais dans l’heure qui vient.
Les gens qui étaient là financent des centrales qui se comptent en mégawatts. Pour la plupart, ils n’avaient jamais touché l’énergie qu’ils financent.
On est très loin des grandes infrastructures, évidemment. Une parabole cuit pour dix personnes quand un parc photovoltaïque alimente une ville, et le solaire pesait autour de 6 % de l’électricité produite en France en 2025, beaucoup moins si l’on parle de l’énergie consommée toutes formes confondues. Mais c’est justement l’écart qui travaille. Le gigawatt est une unité de reporting, personne ne l’a jamais vu de ses yeux. Quatre cent cinquante degrés sur une plaque, ça se regarde, et ça se rate si on s’y prend mal.
Déjeuner ensuite : entrée, plat, dessert, sortis de la cuisine solaire.
À quatorze heures, deux groupes ont tourné d’une heure sur l’autre. Le premier est parti au jardin avec Mona. Le second a cuisiné avec Pierre-André, pour passer à la pratique.
Ce que la journée a produit, au fond, c’est un raccord. Elle a relié le quotidien des gens aux levées de fonds et aux gigawatts annoncés le matin même dans la salle d’à côté. Le bilan annuel n’a pas été rendu plus agréable, il a été rendu lisible.
Ce qui nous est revenu ensuite tient en deux phrases.
Le directeur a adoré. Il veut absolument emmener ses clients et ses partenaires ici.
C’est la réaction qui nous intéresse le plus, et pas pour les raisons qu’on croit. Elle ne dit pas que la journée était réussie, elle dit que le lieu est devenu un argument. Pour un producteur d’énergie solaire, passer une journée dans un restaurant qui cuisine au soleil, ce n’est pas une jolie coïncidence de calendrier, c’est une démonstration. Le décor s’est mis à parler à la place des slides, et une entreprise qui découvre ça cherche tout de suite à qui elle peut le montrer ensuite.
« On ne vend pas une journée qui remplace une réunion. On vend une journée qui met la réunion dans un endroit qui la commente. »
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